Certains oignons à fleurs ont connu des moments prestigieux et ont coûté des fortunes. Moins onéreux aujourd’hui, ils n’en ont pas perdu pour autant leur charme et leur fantaisie. C’est pourquoi ils sont toujours très cultivés; d’autant plus que, selon le choix des variétés, ils nous apportent leur floraison durant toute l’année — en appartement durant l’hiver, bien entendu.
Paradoxe dans les appellations et confusions à éviter : les bulbes de printemps (allium, anémone, érémurus, fritillaire, iris, jacinthe, muscari, narcisse, puschkinia, scille, tulipe), qui fleurissent de mars à mai, se plantent à l’automne; au printemps, on plante les bulbes d’été, et en été ceux de l’automne.
Autre point à éclaircir : l’appellation des bulbes. On applique le nom de bulbes non seulement aux bulbes vrais, qui comportent des écailles comme l’oignon potager, un bourgeon central et un plateau (tulipe, jacinthe, narcisse, lis), mais aussi à toute plante présentant une protubérance souterraine capable de reproduction. Ainsi les cormus, ou bulbes solides, qui n’ont pas d’écailles et sont en fait des rhizomes épaissis (achimène, crocus, glaïeul, montbrétia) ; les rhizomes, qui sont des tiges souterraines charnues (iris, muguet, oxalis) ; les tubercules-tiges (anémone, bégonia) et les tubercules-racines (dahlia, éranthis, renoncule). C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner si nous classons l’iris et le dahlia parmi les bulbes.
De quoi est fait un bulbe ?

1 – les feuilles utilisent la lumière du soleil pour produire de l’énergie, qui est stockée dans le bulbe pour l’exposition de l’année suivante
2 – ces écailles charnues sont l’endroit où le bulbe stocke l’énergie.
3 – la plaque basale est l’endroit d’où partent les racines – veillez à ce qu’elle soit orientée vers le bas lors de la plantation
4 – les racines absorbent l’humidité du sol environnant et ancrent le bulbe en place.
Choisir des bulbes de qualité
À cette époque de l’année, on trouve des bulbes partout, du fleuriste à la grande surface, avec des prix qui peuvent varier de quelques centimes à plusieurs euros l’unité. Comme vous pouvez le deviner, ils ne sont pas tous égaux et si vous souhaitez obtenir les plus belles floraisons de printemps, vous devrez faire preuve de discernement dans vos achats.
Le conseil le plus important est de ne pas acheter de bulbes vendus dans un emballage où vous ne pouvez ni les voir ni les toucher. Leur texture, leur taille et leur apparence comptent beaucoup !
La taille du bulbe est liée à la taille et à la quantité de fleurs que la plante produira. Choisissez les bulbes les plus gros possibles et qui vous semblent en bon état.
La texture en dit long sur l’état de santé du bulbe. Si le bulbe est mou ou spongieux, c’est un raté. Il faut des bulbes fermes et dodus.
L’aspect est assez facile à juger. Toute moisissure, tache noire ou autre signe de pourriture est évidemment à éviter. Choisissez des bulbes qui ont l’air sain et vigoureux.
Voici le moment de planter les bulbes printaniers à floraison estivale.
Quels sont-ils ? D’abord et surtout l’acidanthera, le dahlia, le freesia, le glaïeul, le lis, le montbrétia; mais aussi l’ismène, la jacinthe du Cap, l’ornitho-gale, l’oxalis, le sparaxis, le sprékélia…
Comment les planter ?

De manière générale la plantation peut se faire en sillon, tracé à la serfouette. C’est un bon procédé pour le coin des fleurs à couper. La profondeur de plantation des bulbes varie selon leur taille. Plus le bulbe est gros, et plus il est planté profond (au moins 6 cm). Vérifiez toujours la profondeur de plantation.
Leur plantation varie énormément selon les espèces. Il est donc important de les présenter un à un.
L’acidanthera : le planter en mai par groupes de 10 à 15 au minimum dans une terre enrichie en humus à 5 cm de profondeur et distants les uns des autres de 10 cm. C’est une plante excellente pour jardinière, balcon, bordure et rocaille et qui se prête à la fleur coupée.
Le bégonia tubéreux : le planter en massif au début mai à 5 cm de profondeur et 10 cm d’écartement; placer un peu de sable dans le trou de plantation. En pot ou en jardinière, lui offrir un mélange de terre, de sable et de terreau.
Le dahlia : sa plantation commence fin mars, début avril (plus tard si on craint les gelées). La profondeur varie selon les espèces naines ou hautes et va de 5 à 15 cm. Il demande une exposition très ensoleillée et craint la sécheresse. Les grands dahlias sont plantés en plates-bandes; quant aux nains, ils trouvent leur place dans les massifs, les plates-bandes et les jardinières.

Le freesia : plantation à partir du 15 avril à une profondeur double de son diamètre et à 5 cm en tous sens. Le freesia aime particulièrement les terrains humides et ensoleillés. Il peut se planter en bordure, en groupe d’une dizaine d’éléments, et en potées sur balcon et terrasse.
Le glaïeul : planter à partir de fin mars et progressivement jusqu’en mai pour étager la floraison en cas de culture pour la fleur coupée. On le place dans les plates-bandes par groupes d’une dizaine d’unités de même coloris à 10 cm de profondeur et 15 cm d’écartement. En région venteuse, il faut envisager le tuteurage.

Le lis : c’est une plante « royale » mais délicate; il craint l’humidité, redoute le vent. A planter de février à avril, avec un mélange de sable et de charbon de bois par groupes de 3 sujets au minimum à 12 cm de profondeur et 15 cm d’écartement. Il faut envisager un tuteurage pour les variétés hautes.
Le montbrétia : le planter en avril-mai, au soleil de préférence (il vient bien à mi-ombre), par groupes de 10 à 20 sujets, à 5 cm de profondeur et à 5-10 cm d’écartement. Il entre dans la composition des massifs, constitue des bordures, décore les rocailles, égaie les dallages. Il peut rester en place plusieurs années.
Les délaissés. L’ismène (Hymenocallis festalis) présente un gros bulbe qu’il faut planter à 15 cm de profondeur et à 20 cm en tous sens au mois de mai dans un sol riche en humus; sa floraison vaut celle des orchidées, mais elle est capricieuse. La jacinthe du Cap (Galtonia candicans) se plante en mars-avril à 10 cm de profondeur et à 15-20 cm de distance (hauteur : autour de 1 m). L’Ornithogalum thyrsoides se plante en mars à 5 cm de profondeur et 10 cm en tous sens en groupes et en bordure. L’Oxalis deppei est mis en terre en avril à 3-6 cm de profondeur et à 8-10 cm en tous sens (on l’appelle « trèfle à quatre feuilles »). Le Sprekelia formosissima demande 10 cm de profondeur et 15-20 cm d’écartement; il est mis en place fin avril – début mai. Ces cinq bulbes peuvent tous se cultiver en potées.

Les bulbes d’été sont faciles à cultiver : ils ne craignent que la trop forte humidité et quelques parasites, dont il faut, au besoin, les protéger. Dans leur association, on doit surtout tenir compte de leur hauteur : en plates-bandes, les grands dahlias et les lis seront toujours aux deuxième ou troisième rangs; freesias et dahlias au premier rang, par exemple. Pour faciliter leur entretien, il est bon de laisser un passage entre les différents groupements de fleurs.