Bonjour à tous !
J'ai un pommier qui produit chaque année de plus en plus de pommes qui ont des tâches noires sur la peau, et souvent des vers (pas toujours) à l'intérieur.
J'ai plusieurs arbres de cette même variété, mais seul l'un d'entre eux à ce problème
Est-ce que c'est l'arbre qui est malade ? Faut-il l'abattre pour éviter une contagion ?

Bonjour,
Les taches noires et les petits vers illustrent bien l’aspect des pommes chaque été, dans de nombreux jardins, car ce sont les symptômes de deux des problèmes phytosanitaires les plus couramment rencontrés avec les pommiers. Les taches noires correspondent à une maladie, la tavelure, tandis que les petits vers sont les chenilles du carpocapse. Ce sont des problèmes distincts, qui demandent donc des traitements différents. Sachant que la bataille est à moitié gagnée une fois que vous connaissez votre ennemi, il est bon de comprendre comment agissent la tavelure et le carpocapse pour mieux les combattre.
La tavelure est causée par un champignon qui passe les mois d’hiver en dormance, en général sur les feuilles mortes au pied de l’arbre, parfois aussi sur les lésions chancreuses des branches. Au printemps, le champignon émet des spores qui sont transportées par la pluie et le vent sur les jeunes feuilles, où elles forment des taches brun foncé.
De nouvelles spores se forment sur les feuilles et vont infecter de nouvelles feuilles ainsi que les jeunes fruits, qui porteront ces taches liégeuses caractéristiques qui découragent souvent le consommateur. La maladie est souvent d’autant plus prononcée qu’il y a une période de temps frais et humide au moment de la floraison. Il n’existe pas de traitement curatif, mais on peut intervenir à titre préventif, au moins pour limiter l’extension de la maladie.
On recommande généralement de traiter par une pulvérisation de fongicide, comme le font les arboriculteurs, pour éliminer le champignon avant qu’il ne se développe sur les jeunes feuilles et fruits. Si la tavelure est sans doute la maladie la plus importante dans les cultures commerciales — et toujours traitée par pulvérisations —, la raison de ce combat tient en grande partie à l’aspect des fruits. Les consommateurs ne sont en effet pas attirés par des pommes tachées de noir. Pour le jardinier amateur, cependant, la perte de temps et l’emploi de fongicide pour avoir des pommes impeccables ne semblent guère justifiés. Prenez plutôt des mesures préventives chaque année : ramassez et brûlez ou détruisez (mais surtout ne les mettez pas sur le tas de compost) les feuilles tombées des arbres malades, rabattez et brûlez les branches malades en hiver. Si vous avez un jeune arbre, traitez-le pour le protéger des attaques persistantes et sévères de tavelure, qui pourraient l’affaiblir, mais ne vous donnez pas ce mal pour un grand arbre.
Deux traitements biologiques intéressants :
- La décoction de prêle à pulvériser directement sur l'arbre. Elle renforce les défenses de la plante et a une action anti fongique.
- Le soufre minéral a lui aussi une action fongicide plutôt efficace sur la tavelure.
Concernant les vers, ce sont sans doute des chenilles du carpocapse. Ces insectes passent l’hiver dans les fentes de l’écorce de l’arbre, sous forme de chrysalides. A la fin du printemps, les carpocapses adultes sortent et les petites femelles ternes déposent leurs œufs sur les feuilles et les jeunes fruits. Les chenilles qui se développent pénètrent le plus souvent dans le fruit près de la queue, ou à l’opposé, de sorte que la galerie d’entrée est presque invisible extérieurement. Après s’être nourries pendant quelques semaines à l’intérieur des pommes, les chenilles ressortent, descendent sur l’écorce et se tissent un cocon pour l’hiver suivant.
Comment les arrêter ? On peut faire appel à un traitement chimique, mais, là encore, il faut tenir compte de la difficulté de traiter les arbres très développés. La complexité du problème est accrue par la difficulté à traiter juste au bon moment, pour tuer les chenilles après l’éclosion, mais avant qu’elles ne pénètrent dans les fruits. Si vous voulez essayer cette méthode, utilisez un insecticide de contact, comme carbaryl ou diméthoate. Faites une pulvérisation à la mi-juin et une autre trois semaines plus tard. Cela ne peut cependant être efficace que sur les petits arbres que l’on peut pulvériser entièrement.
Une méthode biologique est l'utilisation de nématode, dont on m'a dit du bien mais que je n'ai personnellement jamais essayé. Les nématodes sont des petits vers qui vont aller parasiter les formes hivernantes du carpocapse dans les sols. Le traitement du mal par le mal, en quelque sorte. Et à ce titre, leur utilisation est très surveillée.
L'Anses en parle beaucoup mieux que moi :
https://www.anses.fr/fr/content/nematodes-vegetaux-nouvelles-solutions-dechets
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