Les soins à apporter à vos pelouses au printemps

Les Britanniques possèdent des pelouses qui suscitent l’admiration. Certes, ils ont à leur disposition un climat privilégié, mais cette justification n’est pas suffisante.

Les soins qu’ils apportent à leurs gazons contribuent plus encore que le climat à leur donner le plaisir du regard et le moelleux du marcher.

Les soins importants commencent avec le printemps.

A la sortie de l’hiver, les gazons ne présentent pas toujours un bel aspect : des taches jaunes et souvent des mousses apparaissent ici et là, conséquences d’un manque d’azote et d’un manque d’aération; des endroits se sont dénudés de toute herbe (fréquent sur vieilles pelouses et sous l’ombrage des arbres) ; des herbes sauvages disputent la place aux graminées du gazon ; les bords, non délimités par des bordures en dur, ont perdu leur aspect net et rectiligne. Fort heureusement, les remèdes sont simples : ils sont tout entiers contenus dans les soins printaniers.

L’aération du sol

Elle est apportée par des trous pratiqués dans le gazon à l’aide d’un appareil : l’aérateur. Il en existe plusieurs modèles dont le choix est fonction de la surface des pelouses à entretenir : L’aérateur à main et le patin aérateur pour les petites surfaces; L’aérateur à pousser pour moyennes surfaces ; L’aérateur tracté pour grandes surfaces. L’aération permet aux racines de gazon de mieux respirer et de mieux s’attacher au sol ; elle limite le développement des mousses qui apparaissent toujours sur des sols compacts mal aérés.

Le chaume est une couche d’herbe morte et de racines d’herbe qui s’est accumulée à la surface du sol. Si cette couche atteint plus d’un centimètre d’épaisseur, elle commence à bloquer la circulation de l’air, de l’eau et des nutriments. Les racines de l’herbe commencent à pousser le long de la surface du sol plutôt que dans le sol. Ces racines s’entremêlent et forment un tapis dense. Une pelouse présentant un problème de chaume est peu tolérante à la sécheresse et devient vulnérable à un grand nombre de parasites et de maladies. Des plaques de gazon mortes peuvent être le signe d’un problème de chaume. Vous pouvez également remarquer une sensation de spongiosité lorsque vous marchez sur la pelouse.

Il n’est pas nécessaire – ni même souhaitable – d’enlever tout le chaume. Une fine couche sert à isoler et à protéger la zone des racines. Les petites accumulations de chaume peuvent généralement être éliminées par un ratissage vigoureux à l’aide d’un râteau. En cas de surface beaucoup plus grandes, il faudra sans doute envisager la location d’une déchaumeuse mécanique. Le début de l’automne est la meilleure période pour le déchaumage.

L’enrichissement du sol

Le gazon constitue une composante essentielle du jardin. Par conséquent, il est crucial de le maintenir en bonne santé, tout comme les plantes et les cultures du potager. Il ne suffit pas de se limiter à tondre et à arroser la pelouse, il faut aussi la nourrir.

Tous les spécialistes en aménagement paysager vous le diront : pour avoir une pelouse saine, il est essentiel de prendre soin du sol. En effet, un beau jardin est avant tout un jardin respectueux de la nature. Un gazon naturel et biologique ne peut compter que sur la qualité du sol sur lequel il pousse : un sol riche en nutriments et en micro-organismes, exempt de toxines et de produits chimiques. D’un autre côté, rien de mieux pour préserver la qualité du sol que de favoriser la croissance d’une pelouse écologique. L’un nourrit l’autre, une pelouse saine contribue à l’enrichissement du sol, et un sol enrichi favorise l’épanouissement de la pelouse. Un gazon dense et sain parvient ainsi à s’entretenir de manière autonome. Pour y parvenir, il est préférable de favoriser le développement des micro-organismes du sol en les nourrissant plutôt qu’en les éliminant à l’aide de produits chimiques vendus en grandes surfaces. Cela permet de gagner du temps et de l’argent, et le résultat est une pelouse plus belle, sans zones stériles. Pour vous en convaincre, voici quelques-uns des bienfaits de ces micro-organismes : ils favorisent la fertilisation en fixant l’azote présent dans l’air ambiant, produisent du dioxyde de carbone, retiennent l’eau, aèrent les sols (vous pouvez également utiliser un scarificateur pour aérer le sol tout en éliminant la mousse et les mauvaises herbes), transforment la matière organique en humus et luttent contre les parasites.

Que ce soit pour une pelouse nouvellement plantée ou pour rafraîchir un jardin existant, la première étape consiste à tester le sol, en particulier son pH. Cela permettra ensuite d’évaluer les niveaux de nitrogène, de phosphate et d’autres nutriments.

Maintenir un pH équilibré est indéniablement d’une grande aide pour l’entretien de votre pelouse. Cela facilitera l’absorption des nutriments par l’herbe, favorisant ainsi son développement et sa densification, tout en permettant une bonne aération du sol, ce qui est essentiel pour la multiplication des micro-organismes.

Les tests de pH sont simples à utiliser, précis et faciles à trouver dans le commerce. Suivez les instructions fournies et, en fonction de la taille de votre jardin, effectuez plusieurs tests à différentes profondeurs, de 15 à 20 cm, à plusieurs endroits de votre espace vert. Idéalement, le pH du sol devrait se situer entre 6,5 et 7, légèrement acide à neutre. Une légère variation est toutefois acceptable. Si le pH est supérieur, vous risquez d’avoir une pelouse jaunie ; dans ce cas, il est recommandé d’ajouter du soufre pour réduire l’alcalinité du sol et le rapprocher d’un équilibre neutre. En revanche, un pH trop bas empêchera les micro-organismes d’absorber le phosphore nécessaire à leur développement.

Si votre sol est trop acide, nous vous conseillons d’apporter des coquilles d’huîtres concassées ou de la chaux dolomitique, qui contient généralement une forte teneur en magnésium. Si votre sol est naturellement riche en magnésium, l’aragonite suffira.

En enrichissant votre sol avec de la matière organique telle que du compost, vous fournissez aux micro-organismes les nutriments dont ils ont besoin pour prospérer. De plus, arrêter l’utilisation de pesticides et d’herbicides contribue à rétablir l’équilibre naturel du sol en évitant l’accumulation de produits chimiques nocifs.

Pour maintenir un sol sain et fertile, il est recommandé d’avoir au moins 3% de matière organique. L’ajout de compost permet d’atteindre cet objectif.

On conseille toujours d’ajouter du compost avant de planter une nouvelle pelouse, et d’en ajouter régulièrement une fois par an à une pelouse déjà établie. En fait, deux fois par an ne serait pas excessif non plus. Pour cela, vous pouvez opter pour la méthode traditionnelle avec une brouette et une bêche, ou utiliser une méthode plus pratique avec une roue à compost. Cette dernière est plus rapide et plus simple, mais elle nécessite l’équipement spécifique qui n’est pas toujours facile à trouver en jardinerie.

L’ajout de compost devra probablement être plus fréquent et plus généreux dans les zones problématiques où la pelouse a du mal à pousser dense. Cependant, il est important de ne pas disperser une trop grande quantité de compost, car l’herbe doit rester exposée à la lumière et à l’oxygène de l’air. Une couche de 2 à 3 cm devrait être suffisante. L’objectif est de nourrir le sol tout en permettant à l’herbe de se développer correctement.

L’intérêt du compost réside non seulement dans sa capacité à nourrir le sol, mais aussi dans sa capacité à introduire de nouveaux micro-organismes qui contribuent au cercle vertueux décrit précédemment. Il est simplement important de suivre les conseils pour réaliser son propre compost de manière appropriée.

En intégrant le compost dans votre programme d’entretien de la pelouse, vous favoriserez un sol riche en matière organique, ce qui stimulera la croissance saine de votre gazon. De plus, les micro-organismes présents dans le compost contribueront à améliorer la structure du sol, à augmenter sa capacité de rétention d’eau et à combattre les maladies.

En recherchant cet équilibre, vous favoriserez un environnement propice à la multiplication des micro-organismes bénéfiques dans le sol de votre pelouse. Cela permettra à votre gazon de bénéficier d’une meilleure nutrition, d’une meilleure résistance aux maladies et d’une croissance plus vigoureuse. En fin de compte, une pelouse saine et luxuriante sera le reflet d’un sol équilibré et en bonne santé.

La toilette finale

Il est conseillé de la faire 3 ou 4 jours après l’enrichissement du sol, si l’on a utilisé le sulfate de fer neige afin de lui laisser le temps d’agir contre les mousses. Elle comprend 3 ou 4 opérations :

L’émoussage, si la pelouse comportait des taches de mousse. Il se fait avec un râteau émousseur ou un scarificateur.

Le peignage de l’herbe, nécessaire s’il n’y a pas eu d’émoussage. Il est exécuté sur les petites surfaces avec un balai métallique à lames souples ; sur les surfaces moyennes avec un balai tournant à pousser, appelé « ramasse-feuilles »; et sur les grandes surfaces avec un balai tournant tracté. Les gazons ont besoin d’être peignés une ou deux fois par mois, pour conserver leur vitalité.

La suppression des parties dénudées. Deux procédés : l’implantation de plaques de gazon après avoir légèrement creusé l’emplacement à garnir, ou plus simplement le semis avec terreautage après un scarifiage énergique sur l’endroit à ensemencer.

Le dressage des bords, que l’on fait avec divers appareils : la hache angulaire, la hache dresse-bordure, le coupe bordure ou la cisaille à gazon (à main ou à batterie).

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