Quelles plantes annuelles à planter pour la fin de l’été ?

Les annuelles sont les plantes les plus généreuses en matière de floraison d’été. Évidemment, on doit tout recommencer chaque année : semer, repiquer, transplanter et puis… éliminer, mais, pourtant, tout ce travail est vite oublié, tant ces fleurs sont belles, fraîches et éclatantes… le temps d’une floraison. S’il n’y avait pas les annuelles, comment fleurirait-on la jardinière oubliée, le coin de jardin où toute végétation a disparu, le morceau de terrain qui vient tout juste d’être acquis ?

Grâce aux annuelles, vous trouverez votre jardin fleuri au retour des vacances, jardin de septembre et d’octobre où bien souvent rien ne fleurit faute d’avoir pensé que cette saison-là aussi pouvait être jolie.

Les ficoïdes aux fleurs tricolores rayonnantes sont parmi les plus jolies plantes annuelles.

A priori, il est difficile de trouver des espèces spécifiques à la seconde moitié de l’été; pourtant, en cherchant, viennent à l’esprit des noms tels que cobée, ipomée, haricot d’Espagne, rudbeckia, reine-marguerite et zinnia, encore que toutes ces plantes commencent en général leur floraison dans les premiers jours d’août et parfois même avant.

Pourtant, septembre n’est pas un mois sans fleurs, il suffit de regarder les jardins bien conduits; on y trouve pétunias, impatiens, soleils, gaillardes, sca-bieuses, tagètes (des roses, rouges et jaunes), dahlias; des fleurs, il y en a partout. Alors, quel est le secret? Pourquoi, là-bas, subsiste-t-il des pétunias ou des soleils jusqu’en octobre alors qu’ici tout cela meurt à petit feu dès le mois d’août?

La première raison est simple : l’été met les plantes à rude épreuve, d’abord à cause d’un soleil souvent accablant et cuisant, ensuite par manque d’eau.

De plus, si le jardin a été délaissé pendant la période des vacances, c’est la catastrophe. Pourtant, il suffirait de peu pour redonner un brin d’allure au décor : quelques plants prêts à fleurir ressortis d’un lieu sûr et voici quelques notes de couleur; avec les annuelles, c’est toujours possible tant elles sont faciles à déplacer.

Les reines-marguerites aiment une terre meuble bien ensoleillée. Vous pouvez les semer en avril sous abri et les mettre en place, quelques semaines plus tard. Elles s’épanouiront au mois de septembre.

La deuxième raison, encore plus fréquente, mais moins évidente, c’est que les plantes ont fleuri trop tôt. En effet, la date de floraison pour une espèce donnée n’est pas fixée à 15 jours près; elle peut même facilement être décalée d’un, voire de plusieurs mois. Cela dépend de nombreux facteurs, dont le climat : lorsque l’été est pluvieux sans soleil, les plantes peuvent prendre quelques semaines de retard par rapport aux autres années. Cela dépend également du sol : un excès d’azote entraîne un fleurissement précoce du tabac d’ornement et du lupin annuel, par exemple, tandis qu’il retarderait plutôt la floraison des clarkias.

Enfin, le dernier facteur, de loin le plus manipulable pour le jardinier, c’est la date de plantation ou encore la date de semis. Ce phénomène est facile à comprendre : pour sortir de terre, croître, émettre des feuilles, atteindre l’âge adulte et puis fleurir, le végétal a besoin d’un laps de temps qui peut varier selon les conditions qui lui sont offertes, mais qu’il est relativement facile d’évaluer, surtout avec un peu d’expérience; le cycle de l’œillet d’Inde ou du pétunia, par exemple, aura à peu près la même durée d’une année sur l’autre dans le même jardin, à moins de variations saisonnières exceptionnelles.

D’autre part, la date où il est conseillé de mettre la graine à germer n’est pas impérative; ainsi, semer en avril-mai plutôt qu’en mars recule d’autant le moment de la floraison. D’ordinaire, on fait plutôt jouer ce facteur dans le sens inverse, en préparant dès le mois de janvier ou février, sous abri, les plants du printemps. Le but est alors d’obtenir des floraisons précoces.

L’hélianthus annus aux teintes chaudes joue un rôle décoratif et sa très belle floraison s’étale de juin à octobre

Afin de mieux connaître les écarts tolérés par chacune des plantes, il convient de se référer au tableau qui accompagne cet article.

De manière générale, vouloir retarder la date de floraison rend plus abordable le semis en place. Ce type de méthode est en effet souvent rejeté, car il faut attendre que le sol soit réchauffé pour opérer, les graines ayant besoin de chaleur et d’humidité pour germer. La plupart du temps, le semis en pleine terre ne commence à devenir praticable qu’en avril-mai, ce qui, lorsqu’on recherche des floraisons de la seconde moitié de l’été, n’est pas un inconvénient.

Cependant, indépendamment des dates, ce type de semis est à déconseiller pour certaines espèces fragiles et chaque fois qu’il est possible de faire autrement, en raison de tous ses aléas : risque de destruction des graines par les oiseaux, invasion des plantules par les mauvaises herbes, exposition aux intempéries — vent violent, pluies dévastatrices… Toutefois, il s’agit là d’un type de semis agréable et simple à réaliser : on commence par préparer le sol en ratissant en tous sens pour briser les mottes, puis on délimite l’endroit à semer au moyen de baguettes. Le semis à la volée est alors pratiqué pour les graines fines : il consiste à lancer les graines en pluie fine et à les recouvrir ensuite en passant le râteau. Pour les graines plus grosses, il est préférable d’agir plus méthodiquement, c’est-à-dire en traçant des sillons avec le dos du râteau où seront déposées les graines une à une à intervalles réguliers. Le sillon est ensuite comblé, afin que les graines soient recouvertes par une épaisseur de terre égale à deux fois leur diamètre.

Les tagètes s’adaptent à tous les terrains ensoleillés

Par la suite, il faudra surveiller l’arrosage s’il ne pleut pas suffisamment, désherber l’aire ensemencée, éclaircir au besoin si les plants semblent s’étouffer les uns les autres.

L’autre méthode, c’est le semis en caissettes, plus lourd à réaliser, mais beaucoup plus sûr malgré les pertes enregistrées au moment du repiquage. Elle consiste à faire germer les graines en caissettes à l’abri des intempéries et des agressions naturelles; puis à habituer progressivement les plants à la vie de plein air, au fur et à mesure des différents repiquages. Le premier se fait en général à 4-5 feuilles, en pots, puis la plante est mise en terre, soit à l’abri (ou pépinière), soit à l’emplacement où elle grandira.

Évidemment, il est encore une solution plus simple et bien sûr plus onéreuse : c’est d’attendre l’été pour acheter des plants prêts à mettre en place à l’endroit où l’on souhaite les voir fleurir.

Quelle que soit la méthode choisie, il ne sera jamais trop tard pour égayer la seconde moitié de l’été de quelques gerbes de fleurs ou bien d’une ou deux plantes grimpantes encore nombreuses en cette saison (cobée, houblon, haricot d’Espagne, ipomée…).

Caractères et utilisation des plantes annuelles pour la fin de l’été

NomSemisMise en placeFloraisonHauteurCouleursTerrainExposition
Cobée scandensfévrier-mars repiquage en avril (sous abri)mai-juinseptembre-octobre8-10 cmblanche et violetteTous solsmi-ombre
Ficoïdesemis en placeen avril-maijuillet-novembre20 cmrose, blanche, rarement jaunesec et caillouteux (bien pour le bord de mer)ensoleillée
Gaillardemars-avrilmai-juinjuillet-septembre30-50 cmrouge, jaune ou bicolore secensoleillée
Helianthus (soleil)semis en placeen avril-maiaoût-septembre1-2 mjaune (cœur noir)terre richeensoleillée
Helianthus (immortelle) mars-avrilmai-juinaoût-septembre60 cm – 1mjaune, orange, blanchesol léger, bien drainéabritée plein soleil
Impatienssemis en place en avril-mai-juinjuillet-octobre50 cmrose, mauve, rouge, blanche, roseterre riche, fraîche, humideombre ou mi-hombre
Ipoméesemis en placeen maijuillet-novembre3-5 mblanche, bleue, violettetous terrainschaleur, ensoleillée
Kochiaavril (sous abri)mai-juintoute la saison1 à 1,5 mfeuillage vert, rouge en automneterre de jardinensoleillée
Lavatèresemis en placeen avril-maijuillet-octobre80 cm – 1mrose ou blanchetous solsensoleillée
Lobéliemars-avrilmai-juinjuillet-septembre30-50 cmbleu vifterre riche, fraîche, humidemi-ombre
Némophilemars-avrilmai-juinjuillet-septembrebleue, violettesol léger et fraisensoleillée
Pétuniaavril-maijuin-juilletjuillet-septembre30-50 cmrose, rouge, bleue, blanchesol léger et secchaleur et soleil
Phaseolussemis en placeen maiaoût-septembre3 mrouge, blanchesol riche et humidechaleur et soleil
Pourpiersemis en placeen avril-maijuillet-septembre30-50 cmrouge, violette, jaune, blanchesol léger et ensoleillée
Reine-margueriteavril (sous abri)mai-juinaoût-septembre1 mviolette, rose, blancheterre meubleabritée
Ricinsemis en placeen mai–2-3 mfeuilles palmées décorativessol léger et ensoleillée
Rudbeckiamars-avrilmai-juinaoût-octobre1 à 1,2 mjaune, rouge brunterrains moyensensoleillée
Scabieusemars (sous abri)en maijuillet-septembre40 cm – 1mblanche, bleue, rose, rougesol légerensoleillée
Tagètemars-avrilmai-juinjuillet20-40 cmjaune, orangetous terrainsensoleillée
Verveinemars (sous abri)en maijuillet-octobre30 cmrouge, rose, bleue, blanchesol légerensoleillée

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