Un bulbe, on le plante, on l’oublie quelques mois, et puis, sans plus de soins, le feuillage apparaît, suivi d’une floraison souvent abondante et toujours colorée. Les dernières fleurs fanées, la plante bulbeuse entre en période de repos, laquelle durera près d’un an ; elle n’est pas morte pour autant, car le bulbe, plein de réserves, remis en terre à la saison, refleurira son heure venue.
Les plantes à bulbe ont déjà fait leurs preuves : la réputation des glaïeuls, bégonias, lis et dahlias n’est plus à faire. Mais on peut avoir envie d’un brin de fantaisie, d’un été un peu différent des précédents… alors, dans ce cas, existe-t-il des bulbes peu connus, susceptibles d’être cultivés avec bonheur et avec goût ?
Les catalogues spécialisés, les rayons un peu à l’écart des boutiques sont là pour le prouver… Et si les noms de galtonia, de montbretia, de gloriosa sont encore mal connus, ce n’est certes pas à cause des plantes qui les portent…
L’Eucomis

Plante originaire d’Afrique tropicale, elle aime les expositions ensoleillées et abritées. Il est possible de la mettre en pleine terre à condition que le sol soit riche, mais elle est, le plus souvent, cultivée en pot. Bien que de la famille des liliacées, ses inflorescences en épi serré, surmontées d’une couronne de feuilles, rappellent celles de l’ananas.
La floraison s’étale sur un mois et demi, durant la belle saison, mais le feuillage tacheté de rouge demeure très décoratif de mai à septembre.
L’Eucomis est une plante résistante, malgré ses allures exotiques; il est préférable cependant de rentrer les bulbes à l’abri du froid pendant l’hiver.
Le Galtonia candicans

Appelée aussi jacinthe du Cap, cette bulbeuse porte en effet des fleurs dont les clochettes et le parfum rappellent ceux de la jacinthe des bois. Cultivé en touffes relativement serrées, le galtonia confère une note blanche aux bordures estivales. C’est également une bonne fleur à bouquet. En climat tempéré, les bulbes restent en place, mais il est préférable de les arracher si les gelées sont à craindre.
Le Gloriosa

C’est une liliacée encore très mal connue et pourtant très spectaculaire. Les tiges de gloriosa atteignent rapidement et facilement 1,50 m de haut, ce qui donne à la plante des allures de grimpante. Les fleurs, aux couleurs chaudes, jaune et rouge, sont spectaculaires à la fois par leur taille importante et leurs formes découpées; elles rappellent celles du lis.
Elles s’épanouissent durant tout l’été ; la floraison terminée, arrachez les bulbes et conservez-les dans la tourbe à 10 °C.
L’Ismène, ou Hymenocallis

Cultivée à l’extérieur ou en pot, cette plante embaume par le parfum de ses fleurs.
Elle aime le soleil, a besoin de nourriture et de peu d’eau. Il est donc nécessaire de la planter en terrain perméable et riche en humus. Originaire d’Amérique du Sud, ce bulbe craint le froid et se conserve à plus de 15 °C l’hiver.
Le Montbretia

Plus utilisé dans les régions méditerranéennes qu’ailleurs, le montbretia peut cependant fleurir partout où le climat est tempéré, à condition d’être exposé au soleil et mis en place dans un sol bien drainé. Ses touffes de feuilles allongées et fines se chargent de fleurs aux tons rouge ou jaune orangé très vif, durant tout l’été. La plante est laissée en place plusieurs années de suite.
Dans les régions à hiver froid, les bulbes sont arrachés en novembre, conservés dans un lieu sec et replantés au printemps suivant. Très décoratif en fleur coupée, le montbretia est également utilisé en bordures.
La Nérine

Plus connue du fleuriste que du jardinier, la nérine est une excellente fleur à bouquet. Ses ombelles de fleurs roses s’épanouissent assez tard en saison (septembre-octobre), mais les bulbes sont mis en place dès le printemps; ceux-ci peuvent rester en terre pendant plusieurs saisons, à condition d’être protégés des gelées hivernales par une couche de tourbe ou un paillis.
A planter dans un coin chaud ensoleillé, bien drainé, en tache.
L’Ornithogale

C’est une petite plante de bordure qui ne s’élève pas à plus de 40 cm.
Les fleurs commencent à apparaître en août; elles doivent leur originalité aux stries vertes qui se détachent sur le blanc des pétales au moment où ceux-ci s’épanouissent. D’allure un peu fragile, cette plante se cultive très bien au jardin à exposition chaude et ensoleillée. Les bulbes se dégradent à l’humidité et au froid, il faut donc les rentrer durant l’hiver.
L’Oxalis deppei

Souvent appelée « trèfle à quatre feuilles », à cause de ses feuilles, cette plante possède des fleurs capricieuses qui n’ouvrent leurs pétales rouges carmin qu’en plein soleil… Le plus souvent, les feuilles, divisées en 4 folioles tachées de pourpre, se referment à la tombée du jour.
Cette plante s’utilise parfois en jardinière, mais sa place est plutôt en bordure ou dans les rocailles peu ombragées. Les bulbes s’enterrent à 3-4 cm de profondeur, espacés de 8-10 cm les uns des autres en terrain sablonneux. Ils peuvent passer l’hiver en terre à condition de les recouvrir de feuilles.
Le Sparaxis

Ses fleurs sont petites, mais très abondantes, elles sont très remarquées pour l’intensité de leurs couleurs variées; il en est en effet des blanches, des roses, des jaunes, des rouges ou des violettes. Les tiges ne s’élèvent jamais à plus de 20 cm du sol ; c’est donc une plante de bordure à cultiver en tache, à raison d’au moins 20 bulbes par touffe.
Ces bulbes sont très petits et ne doivent pas être très enterrés (5 cm maximum). Ils craignent le froid et demandent une protection hivernale.
Le Sprekelia de Formose

Plus étrange que belle, la fleur de sprekelia est unique. Ses six pétales, rouge intense, très effilés et bien distincts, lui confèrent une forme étoilée.
Les hampes florales s’élèvent à 30-40 cm du sol ; les feuilles très vertes peuvent n’apparaître qu’après la floraison, ce qui accroît encore le côté excentrique de cette plante.
Les bulbes, mis en place en mai, ne doivent pas être enfoncés à plus de 10 cm. Lorsqu’ils sont empotés, pour forçage en appartement, le col reste même en dehors du compost. Il est indispensable de rentrer les bulbes en hiver, les sprekelias n’étant pas rustiques, même en climat relativement tempéré. En pots, ils doivent subir une période de sécheresse assez longue avant de refleurir.