Les jardins en terrain argileux

La terre argileuse possède les propriétés suivantes : mouillée, elle se malaxe comme de la pâte à modeler ; elle porte le nom de terre glaise lorsque l’argile est pure ; sèche, elle se craquelle en dessinant sur le sol des sillons qui peuvent devenir de véritables crevasses en cas de sécheresse.

Qu’est-ce qu’une terre argileuse ?

L’argile est en réalité un constituant du sol très fin, formé d’une multitude de particules microscopiques; celles-ci se gonflent au contact de l’eau et s’agglutinent pour former une pâte dense et élastique qui, lorsqu’elle est saturée d’humidité, ne permet plus l’écoule; ment de l’eau en excès. C’est pourquoi les terres argileuses sont très peu perméables, mal drainées. En absence d’eau, les particules perdent du volume et forment un terrain dur, lézardé, impossible à travailler. Sèches ou humides, les terres argileuses sont toujours le désespoir des jardiniers : à la fois lourdes, compactes et grasses, elles semblent avoir bien des défauts et il n’est guère aisé de les labourer. Bien souvent, le seul remède sur un tel type de terrain est de faire continuellement des apports de terre extérieure, afin de pouvoir planter et ensemencer avec succès.

La tourbe épandue en surface allège les terres argileuses

Quelles sont les plantes poussant en terre argileuse?

Cependant, avant d’employer les grands moyens, il convient de se souvenir que certaines plantes se plaisent tout de même dans les sols argileux. Des espèces s’y développent spontanément ; ce sont bien sûr des mauvaises herbes, telles que la renoncule, la prêle ou l’oseille (rumex, pas-d’âne), mais il n’y a pas que des indésirables : les haies d’aubépines, d’églantiers, les frênes prennent souvent assise sur des terres argileuses.

Et puis il y a aussi toutes les espèces qui s’adaptent.

Parmi les arbres, l’aulne, l’amélanchier, le catalpa, le chêne pédonculé, le frêne, le peuplier, le pin laricio sont particulièrement indiqués.

Un terrain argileux peut être acide ou alcalin. Pour le savoir, une analyse s’impose ( connaissance du pH). Avec des accessoires que l’on trouve dans le commerce, cette analyse est rapide grâce à des échelles calorimétriques.

En matière d’arbustes, préférer les persistants : aucuba, berberis, cotonéaster, mahonia, fusain, laurier-tin, troène, buis… et, pour avoir des floraisons, quelques caduques : deutzia, garrya, kerria, jasmin, cytise, lilas, groseillier sanguin, spirée, tamaris.

Certaines variétés de rosiers supportent elles aussi les terres argileuses ainsi que des plantes herbacées de culture facile, souvent de la famille des composées : aster, coréopsis, hélénium, leucanthème, lupin, rudbeckia, verge d’or.

Pour les fruitiers, choisir de préférence des pommiers ou des poiriers, et pour le potager : les artichauts, les choux et l’oseille.

La liste de toutes ces espèces, quoique déjà importante, peut cependant apparaître insuffisante au jardinier soucieux de cultiver sans réserve les plantes qu’il aime. Dans ce cas, il est possible de modifier le sol par différents types d’apports, ayant chacun des propriétés différentes.

Améliorer la terre argileuse

La première nécessité en présence d’argile est de chauler le sol; cette opération a lieu généralement en automne à raison de 30 à 40 kg de chaux pour 100 m2, si toutefois le terrain n’est pas déjà à tendance argilo-calcaire.

Le chaulage consiste en un apport de calcaire à l’état presque pur. Celui-ci a pour effet de coaguler les particules d’argile; le sol perd ainsi une partie de sa cohésion et de sa plasticité, ce qui le rend perméable à l’eau et à l’air, tout en facilitant son travail.

Si la terre est acide, un apport de chaux, de craie broyée ou de calcaire pulvérisé est nécessaire tous les 4 ou 5 ans).

Des apports répétés de sable et de tourbe, notamment au moment des plantations ou de la mise en place de massifs, contribuent également à alléger la terre, c’est-à-dire à la rendre moins compacte et plus perméable.

Les amendements cités ci-dessus ont un rôle physique mais non nutritif. Or, une terre argileuse est en général pauvre en aliments azotés; il convient donc d’ajouter à ces sols terreau, fumier et humus, au printemps ou à l’automne.

Il est enfin nécessaire d’incorporer au sol, à l’endroit où se situent les plantations, des substances nutritives indispensables aux plantes telles que l’azote, l’acide phosphorique et parfois la potasse… Choisissez de préférence des engrais bio riches en chaux ou rapidement assimilables. Rappelons que la cendre de bois est un bon engrais potassique : elle contient en moyenne 3 à 15 % de potasse.

Enfin, il est important de rappeler que les jardins en sol argileux nécessitent, en plus de fréquents amendements, un travail du sol suivi. On préconise, parfois, de ne pas labourer les terres argileuses afin d’enrichir en bactéries la couche superficielle, qui peut l’être aussi grâce au terreau et au compost.

En début d’automne, avant que la terre soit trop humide et ne devienne collante, bêchage et labour permettront aux intempéries de l’hiver d’ameublir ce sol autant que possible.

En toutes saisons, les binages empêcheront la formation d’une croûte en surface qui rend par la suite les cultures difficiles à travailler.

Enfin, si l’eau ne s’écoule pas et séjourne en surface, il faudra prévoir un drainage important pour libérer les terres arables de cette eau en excès.

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