Comment éviter l’apparition du pourridié des racines et comment s’en débarrasser ?

Voilà une maladie redoutée des jardiniers et dont l’annonce peut semer la panique. Le champignon responsable peut en effet s’attaquer à de très nombreux végétaux ligneux. Il est souvent responsable de la mort d’arbres ou d’arbustes formant l’ossature du jardin et il est particulièrement difficile à combattre.

Il est cependant rare dans les jardins. On le trouve le plus souvent dans les jardins récents, dont le terrain était auparavant boisé ou en verger, ou encore dans les grands parcs avec de vieux arbres à feuilles caduques et de vieilles souches. C’est en effet par les souches des vieux arbres que le champignon s’installe dans le sol et va contaminer les arbres sains des alentours, en émettant des filaments noirâtres ressemblant à des lacets de chaussure.

Des racines noirâtres avec une texture spongieuse sont des signes qui doivent vous alerter

La présence de tels filaments près du tronc est l’un des signes qui peut indiquer l’attaque du pourridié. Il y a d’autres symptômes : le développement de champignons typiques de couleur fauve, de 10 à 15 cm de hauteur, à chapeau un peu écailleux pouvant atteindre 15 cm de diamètre et portant un anneau sur le pied. Ces champignons peuvent apparaître à la fin de l’été ou en automne, près de la base du tronc. Parfois, on peut aussi observer des plaques de moisissures blanchâtres émettant des filaments, sous l’écorce.

Si un arbre ou un arbuste se flétrit soudainement, semblant atteint du pourridié, il faut arracher toute la souche et si possible la brûler, après avoir pris soin d’éliminer les débris de racines. Il faut ensuite creuser un grand trou à l’emplacement de la souche et aller déverser la terre enlevée dans un coin du jardin sans arbres ni arbustes.

Vous pouvez par exemple creuser un autre trou dans le potager et procéder à un échange de terre. Pour finir, vous pouvez arroser abondamment dans et autour du trou avec un fongicide approprié, afin d’essayer d’éliminer les filaments dans le sol, mais ce n’est pas ce qui permettra de guérir un arbre atteint. Ne replantez pas de végétaux ligneux avant au moins un an, deux de préférence.

Si vous apprenez la présence de pourridié dans un jardin voisin, il y a certes de quoi être inquiet. Vous pouvez éventuellement mettre en place une barrière physique pour éviter l’extension des filaments. Pour cela, creusez une tranchée d’environ 1 m de profondeur, aussi étroite que possible, près de la clôture et enfouis-sez-y verticalement une feuille de matière plastique de forte épaisseur. Utilisez une feuille d’une seule pièce, et non de vieux sacs en plastique qui seraient inefficaces. Laissez dépasser quelques centimètres en surface, que vous prendrez soin de ne pas déchirer en bêchant. Une tranchée de ce type, encerclant la souche d’un arbre malade, peut être un moyen de limiter la propagation du champignon dans le jardin.

Une fois que le pourridié des racines est présent dans le jardin, même si les souches atteintes ont été arrachées, il est plus prudent de choisir les nouveaux sujets à planter parmi les espèces d’arbres et d’arbustes les plus résistants, et surtout pas parmi les plus sensibles.

Espèces très sensibles : Bouleau, cèdre, cyprès, lilas, noyer, pin, pommier, troène, saule.

Espèces assez résistantes : Ailante, aubépine, buis, chalef, clématite, frêne, hêtre, houx, if, laurier, lierre, mahonia, mélèze, sapin de Douglas, sapin baumier, tamaris.

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