En été, le nombre de plantes en fleur est considérable et s’il est difficile pour le débutant de faire un choix parmi toutes les variétés du commerce sans cesse renouvelées, améliorées, toujours plus étonnantes, ce n’est pas non plus une tâche facile, même pour les jardiniers avertis, d’utiliser au mieux toutes ces formes et toutes ces couleurs qui remplissent tout d’un coup les jardins. Composer rationnellement des massifs d’été serait un vrai casse-tête; aussi, il faut savoir profiter de cet énorme cadeau que nous fait la nature en cette saison, tout en se laissant aller à ses goûts et ses besoins, car évidemment il n’est pas possible de tout avoir et de multiplier les compositions à l’infini chaque année.
Avant toute chose, il faut se rappeler de ce qui peuple déjà le jardin depuis l’an passé. Inutile d’envisager la mise en place de dizaines d’annuelles si les bordures regorgent déjà de plantes vivaces.

Seuls quelques pieds de roses trémières, de mufliers ou de pois de senteur suffiront à combler les vides parmi d’autres plantes à grand développement qui, elles, sont déjà là : lupins, marguerites, phlox, lychnis, scabieuses…
Au contraire, si le jardin est encore jeune, si les arbustes et les vivaces n’y ont pas encore assez d’importance pour meubler le décor, certaines plantes annuelles à croissance très rapide pourront y être utilisées largement pour « boucher les trous »; le feuillage vert légèrement rosé du ricin, les longues tiges porteuses d’épis du maïs, la boule soyeuse et tendre du kochia sont de ces éléments qui ne tiennent qu’un été, mais ne se laissent pas oublier tant ils sont volumineux.

De même, les plantes grimpantes, telles que les capucines, les pois de senteur, les cobées, les ipomées, auront envahi en quelques semaines une vieille clôture rouillée et inesthétique ou bien un mur trop austère pour se montrer à nu pendant l’été.
Et puis, il y a les bulbes, robustes, porteurs de plantes éclatantes : bégonias, dahlias, glaïeuls sont les plus célèbres, non sans raison. Les premiers se suffisent souvent à eux seuls dans une jardinière ou une vieille potiche à l’entrée de la maison ; les dahlias, eux, ont plutôt leur place en pleine terre; les petites fleurs des « simples » et des « pompons » s’associent facilement aux soucis, en massifs soulignés d’une bordure de lobélias; les variétés à grandes fleurs, de par l’importance qu’elles prennent, ne supportent que le voisinage d’arbustes (sous des conifères ou persistants, leur teinte vive se détache parfaitement), ou encore d’autres fleurs de grande envergure tel cet autre bulbe moins courant : le canna. Enfin, les glaïeuls supportent assez bien l’isolement en groupe de cinq ou six dans la bordure.

On peut également en prévoir au jardin de fleurs à couper; avec les cosmos, les dahlias, les zinnias, ils feront les bouquets de juillet en attendant les soleils, les reines-marguerites et chrysanthèmes de la seconde moitié de l’été.
Pour tapisser les parterres, les couleurs ne manquent pas parmi les annuelles; jaunes avec les tagètes et œillets d’Inde, gazanias, calcéolaires, œnothères, eschscholtzias ; rose et rouge avec les pourpiers, ficoïdes, godétias, impatiens, pétunias, parfois blancs ou mauves; enfin bleu avec les agératums, campanules des Carpathes, lobélias… Evitez que les tons trop violents ne se heurtent, préférez des camaïeux de rose et de mauve aux mélanges criards de jaune et de rouge. Pensez aussi au blanc des marguerites et des cosmos pour créer une touffe à la fois neutre et lumineuse au-dessus des massifs.

En fin d’été, il peut être intéressant de miser sur le jaune avec les rudbeckias, chrysanthèmes, soleils, coréopsis, gaillardes, héléniums; mais, pour les inconditionnels de teintes froides, il est aussi des chrysanthèmes blancs ou mauves, et surtout les reines-marguerites et les asters, ainsi que les sauges et les verveines, tantôt rouges, tantôt bleues.
Pour les lieux ombragés, prévoyez quelques bégonias associés à des fuchsias ou bien des impatiens ou encore quelques campanules ou lobélias.