Les graminées sont des herbes peu exigeantes qui se reproduisent d’elles-mêmes partout dans la nature. Mais, civilisées dans nos jardins, elles demandent des soins constants si on en désire obtenir les meilleurs effets. On a coutume de les utiliser pour les gazons. Toutefois, comme on va le voir, certaines variétés ou espèces peuvent être utilisées en touffes isolées, à titre décoratif.
Les graminées de nos gazons
Voici les quatre prinçipaux genres et leurs principales caractéristiques.
Les agrostis. Elles donnent des gazons fins et compacts. L’agrostis traçante fournit des pelouses résistantes, bien qu’elle soit considérée comme envahissante.

Les fétuques. Elles sont dans leur ensemble à réserver pour les terrains secs et ombragés. Les fétuques rouges donnent des gazons vert foncé ; les fétuques ovines, vert grisâtre ou bleuâtre.
Les pâturins. Ils préfèrent les sols légèrement acides. Les pâturins communs et des prés sont les meilleurs. Le pâturin comprimé permet d’engazonner rapidement même en terre pauvre.
Les ray-grass. Ce sont les plus utilisées des graminées. Ils produisent au départ des effets spectaculaires permettant de couvrir rapidement un terrain. Mais les gazons qu’ils donnent ne sont pas d’une grande finesse, aussi faut-il ne jamais les employer à plus de 30 % dans un mélange.
On peut citer également : la crételle, la fléole, la dactyle, le brome et même le cynodon.
Les meilleurs mélanges de graminées ne comportent pas plus de trois composants. Ce n’était pas le cas autrefois, mais on est revenu de cette notion qui cherchait des mélanges trop savants ne donnant jamais de bons résultats. Les compositions modernes sont plus simples : pour des gazons extra-fins les fétuques et les agrostis ; pour les gazons rustiques les ray-grass et les pâturins.
Les graminées ornementales
Outre leur usage dans les mélanges de gazons, certaines graminées peuvent, par leur port décoratif, être intéressantes si on les utilise seules.

Quand on évoque les graminées décoratives, on pense en premier lieu au gynérium, appelé aussi herbe de la pampa (en raison de ses origines) ou encore roseau à plumet, aujourd’hui commun dans nos jardins. C’est une graminée géante, la plus spectaculaire : elle forme de grosses touffes et peut atteindre jusqu’à 3 mètres de haut.

Mais il n’y a pas qu’elle. En Allemagne, on utilise communément les touffes de fétuques bleues, en petits groupes, comme on le fait pour des plantes vivaces chez nous. Leur étrange couleur valorise les autres nuances du jardin. Les fétuques bleues peuvent être aussi utilisées en rocaille, comme les avoines d’ornement, le bouteloua, la brize-tremble-au-vent.

Parmi les autres herbes décoratives, on peut noter également la féole et la houque molle. Ces graminées sont d’une grande robustesse. Elles poussent seules, sont peu exigeantes quant à la nature du sol et n’ont pratiquement pas de maladies. Leur entretien consiste simplement à couper les tiges lorsqu’elles sont séchées et à attendre la réapparition de brins d’herbes.
Quelques « herbes » ont un plus grand développement. Elles ne s’utilisent pas à la manière de plantes vivaces, mais bel et bien comme de grands végétaux isolés : stipe géant, fausse canne à sucre, canne de Provence. Nous en reparlerons au sujet des bambous.