Des vivaces pour la seconde moitié de l’été

La fin de l’été est trop souvent une triste période au jardin. C’est le retour des vacances; les cultures ayant été abandonnées pendant quelques semaines, les mauvaises herbes ont gagné du terrain… et souvent, une fois les floraisons estivales terminées, il n’y a plus de plantes pour prendre le relais. Pourtant, ce n’est pas la nature qui fait défaut; des fleurs pour l’automne, il en existe pour tous les jardins, mais il faut penser à les mettre en place suffisamment tôt pour ne pas être pris au dépourvu par la suite. Il est encore temps, au printemps, de planter les vivaces présentées ci-dessous; elles ne fleuriront pas très abondamment cette année, mais les automnes suivants verront s’accroître leur floraison.

Il est également possible de les semer; les jeunes plants seront mis en place en octobre prochain et ne fleuriront que l’année suivante.

Anémone du Japon : sous ce nom, on regroupe toutes les anémones qui fleurissent à l’automne. Toutes ont une allure semblable : un feuillage léger, gracieusement découpé, une tige de 50 à 70 cm de haut, des fleurs simples, parfois doubles, blanches ou légèrement rosées avec un cœur d’étamines jaune d’or.

L’espèce Hupehensis fleurit dès le, mois d’août, mais la plupart des hybrides, plus grands et plus beaux, ne s’épanouissent qu’en septembre-octobre.

Ces plantes, souvent remarquées à la lisière des sous-bois ne sont pas pour autant des fleurs de pleine ombre. Le soleil a, au contraire, un effet bénéfique sur elles et c’est plutôt la richesse du sol qu’elles apprécient. Elles tolèrent tout de même la mi-ombre.

Armoise (Artemisia lactiflora) : cette plante est assez mal connue mais présente pourtant un feuillage remarquable par son importance (il peut atteindre 1,50 m de haut) et par sa couleur blanc argenté. C’est un élément précieux pour réaliser ces bordures à dominante blanche chères aux jardins anglais.

L’armoise se mélange très bien avec les graminées, les asters, les anémones et d’autres fleurs de la fin de l’été

A l’automne, l’armoise ne quitte pas ses harmonies de blanc, car ses fleurs tardives sont couleur de lait.

Sa culture est facile. Les sols secs et calcaires lui conviennent parfaitement à condition qu’elle soit exposée au soleil.

Aster : des asters, il y en a toute l’année, et pourtant ce nom évoque plutôt, comme celui du chrysanthème, la fleur de l’automne. C’est en effet à cette période qu’ont lieu les floraisons des variétés les plus répandues.

Les asters portent de joyeux capitules en forme d’étoile dont les couleurs vont du violet au blanc en passant par le bleu

En septembre, ce sont les Aster amellus et frikartii qui sont en beauté; les premiers ornent les rocailles ensoleillées et sèches de petites marguerites violettes, tandis que les seconds, plus élancés, se couchent sous le poids de leurs fleurs.

C’est ensuite au tour des vrais asters d’automne de s’illuminer pour la rocaille: le genre Dumosus compact, dont les fleurs roses, blanches ou bleues recouvrent entièrement la plante en formant un tapis; et puis, pour les plates-bandes, les asters Novae AngHae et Novae Belgii/leurs touffes, de près de 1 m de haut, rouges, roses, bleues ou violettes, se mêlent aux couleurs de l’automne et font de très beaux bouquets. Les Cordifolius, encore plus élevés, portent des grappes de fleurs très fines et très légères qui ont la couleur des lavandes.

Ce sont des plantes à toute épreuve; la seule chose qu’elles ne supportent pas, c’est l’ombre.

Chrysanthème, ou marguerite d’automne : on l’oublie trop souvent au profit des variétés à grosses fleurs cultivées en pots. Pourtant c’est une plante de jardin idéale à l’automne : culture facile, robustesse à toute épreuve, densité de floraison importante, palette de couleurs intenses et variées… Les qualités de la marguerite d’automne sont innombrables.

On trouve plus de 30 espèces différentes de chrysanthèmes, annuelles ou vivaces, et on peut les planter et les cultiver presque à n’importe quelle saison.

Pour la culture en pleine terre, citons Alaska, Dorothy Thomas (blanche), Apollo (jaune orangé), Ville de Genève, Folk (jaune), Laura Exmonth Pink, Betty Rose (rose), Etel Anderson (rouge brun) et bien sûr tous les chrysanthèmes cascades, qui, comme leur nom l’indique, retombent élégamment le long des piliers ou d’un tuteur.

Cultivez le chrysanthème en terre légère (apportez de la tourbe et du sable si nécessaire) et bien nourrie (apportez de l’engrais soluble cristallisé dès l’apparition des premiers boutons à fleur : cette plante devient très gourmande à cette période de sa vie).

Coréopsis : fleur de l’été, elle se prolonge assez tard en saison. Les variétés vivaces sont le plus souvent des espèces issues du grandiflora et verticillata. Le feuillage du coréopsis est généralement très vert, découpé (surtout celui du verticillata’) ; la couleur des fleurs va du jaune vif à des jaunes d’or mêlés d’orangé. Vous pourrez en placer quelques touffes parmi d’autres plantes à grand développement ou bien en fond dans une « mixed-border », en exposition ensoleillée.

Le Coréopsis est une plante qui prend soin d’elle-même. Une fois que les racines se sont développées, elle peut supporter sans problème des périodes de chaleur et de froid extrêmes.

Gaillarde : les gaillardes sont plutôt des plantes annuelles, mais la variété aristata est vivace. Elles fleurissent jusqu’à novembre si on prend bien soin de supprimer les fleurs fanées tout au long de la saison. Elles atteignent généralement 60 cm de haut, mais certaines sont plus petites. Leurs coloris vont du jaune clair au rouge foncé; elles se cultivent en plein soleil.

Très appréciée par les insectes, la gaillarde fleurit de juillet à octobre.

Hélénium automnal, ou hélénie : voisins des gaillardes, les héléniums offrent à peu près les mêmes caractéristiques. Pour l’arrière-saison, il faut citer l’hélénium automnal, vivace, qui fleurit d’août à novembre.

Ses tiges sont plus élevées que celles des autres espèces; il fleurit généralement jaune, quelquefois rouge orangé.

Les fleurs de l’helénie attirent les papillons à la fin de l’été et à l’automne.

La culture en est facile, à condition que le terrain ne soit pas trop humide et bien ensoleillé.

Perovskia atriplicifolia : ses touffes élevées lui donnent l’aspect d’un petit arbuste, son feuillage aromatique est très fin et ses fleurs effilées, bleu violacé, s’épanouissent tardivement.

Cette plante, d’allure sèche, s’accommode des sols pauvres et préfère le soleil et la chaleur aux endroits ombragés.

Les fleurs bleu-violet du Perovskia atriplicifolia sont disposées en épis et on peut en profiter jusqu’en octobre. Elles ont un parfum aussi aromatique que le feuillage.

Rudbeckia : il fait la jonction entre les floraisons d’été et d’automne… Telle une énorme marguerite au cœur noir en forme de boule et aux pétales jaunes, légèrement retombants, le rudbeckia garde son éclat jusqu’aux gelées.

Sa tige rameuse et velue se dresse à près de 1 m du sol et porte un feuillage rugueux très vert.

Il suffit de décapiter les fleurs jaune d’or qui s’estompent pour prolonger la durée de vie de la plante. Soleil ou ombre, mais pas trop sec.

Parmi les vivaces, le Speciosa est sans doute le plus connu. Notons aussi le Purpurea grandiflora, moins classique, dont les grandes fleurs rouges rappellent plus celles des soleils que des rudbeckias.

A planter dans les plates-bandes de vivaces en exposition ensoleillée.

Scabieuse : les scabieuses vivaces prolongent souvent leur floraison très tard. La plus répandue est la scabieuse du Caucase, dont les fleurs sont d’un bleu très pâle. A partir de cette espèce, on a créé de nouveaux hybrides aux coloris plus variés (allant du blanc au pourpre et violet). Son feuillage vert clair est assez décoratif; c’est une jolie plante à bouquets.

Une plante herbacée, tolérante à la sécheresse et rustique, aux fleurs très complexes.

A cultiver en terre légère et riche.

Soleil vivace : appelée soleil, tournesol, ou encore hélianthus, cette plante est généralement annuelle, cependant il en existe des variétés qui sont vivaces et leur floraison tardive est loin d’être inintéressante; parmi elles, les decapetalus aux fleurs jaune vif, les « Triomphe de Gand », plus doubles, sont les variétés les plus courantes.

Leur grand développement impose de ne les cultiver que dans les grandes plates-bandes ou en isolé (1,50 à 1,80 m).

Ces tournesols rayonnants sont idéaux pour l’arrière d’une bordure ensoleillée

Ils aiment les terres riches et doivent être plantés plutôt au printemps.

Verge-d’or : son nom latin est Solidago. C’est une plante à moitié sauvage qui pousse spontanément dans les fossés. Haute de plus de 1 m, elle fleurit en grappes jaunes à la fin de l’été.

C’est une bonne fleur à couper; séchée, elle peut entrer dans la composition de bouquets pérennes.

Les fleurs feront de merveilleuses fleurs coupées et dureront plus d’une semaine à l’intérieur.

Elle vient dans tous les sols; il en existe des types nains pour petits jardins.

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